CHARGE MENTALE

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Mis à jour en 15 juin 2017

Les informations fournies par cette fiche sont indicatives, sans valeur légale et sans caractère obligatoire.

Définition de la nuisance ou situation dangereuse

La charge mentale résulte d’une interaction complexe de facteurs individuels, techniques, organisationnels et sociaux.

Elle concerne donc le processus de perception et de traitement des informations lors de l’exécution de l’activité.

 

La charge  mentale est l’astreinte (2)  représentée  par la  mobilisation des  ressources cognitives  nécessitée par une  tâche (cognitive  et /ou manuelle) dans des conditions  données (contrainte (1)) perçue par  un   individu  donné à  un moment  de sa vie et de son  parcours  professionnel.

 Elle  varie  donc  en  fonction  du  type  de tâche,  de  sa complexité  et  de la  quantité  de  travail  qu’elle  représente. Concernant la  charge  mentale, la  tâche est  le plus  souvent  de nature cognitive et met en  jeu le  traitement  de l’information. Elle varie  aussi en  fonction de l’organisation,  et  de l’environnement  de travail, des  compétences de l’individu (formation et  accompagnement), de  son expérience,  de  ses  capacités  de traitement ainsi  que  de son  état  de santé.

La  dimension  collective  du  travail  et la  fiabilité  des  collaborateurs jouent  également un  rôle  important  dans  la  charge  mentale.  La définition précise  des  rôles  et  des  tâches  et la  circulation  aisée  de l’information  tendent  à la  diminuer alors   que  les  phénomènes  de double  tâche  et  les  interruptions  la  majorent.

  1. contrainte :  ne  dépend  pas  des caractéristiques  de l’opérateur
  2. astreinte :  conséquence  de la  contrainte  sur  l’opérateur

Danger

En aigu ou  en  chronique : une  charge  mentale  excessive  peut  être  génératrice  d’erreurs mettant  en  jeu  la  sécurité d’autres  salariés ou  d’usagers/clients  et peut , constituer  un  facteur  favorisant la  survenue   d’accidents

En  chronique : une  charge mentale  insuffisamment  compensée  par  des  bénéfices  psychiques est un  facteur  favorisant l’apparition  de RPS : Elle peut entrainer  des  manifestations  de stress, des troubles  psychologiques  (anxiété, dépression) et/ ou  somatiques (TMS, troubles  cardio-vasculaires,  digestifs,  dermatologiques…), et peut  favoriser un épuisement  professionnel (burn out)

Tâches et postes

Nous citerons les postes traditionnellement exposés, mais tous le sont, si certaines conditions sont réunies.

 

Activités et situations de travail

Tâches de travail

Management, responsable hiérarchique (chef de chantier, conducteur de travaux…). Chef d’entreprise de PME, artisan… Contrainte temps, financière, hiérarchique,
responsabilité de gestionnaire, poly-activités (prises de décision rapide dans l’incertitude) interruption   fréquente  de tâches
Poste de sécurité : grutier, coordonnateur SPS, conducteurs d’engins Contrainte de sécurité, danger pour les autres
Standard, accueil Disponibilité, absence de maîtrise des évènements, interruption de tâches
Lignard Danger pour soi

Niveau d'exposition

Temps : durée - fréquence

Exposition

Permanente

Fréquente

Intermittente

Occasionnelle

%

> 70

> 30

> 5

< 5

Jour

> 6 heures

> 2 heures

> 30 mn

< 30 mn

Semaine

> 3 jours

> 1 jour

> 2 heures

< 2 heures

Mois

> 15 jours

> 6 jours

> 1 jour

< 1 jour

Année

> 5 mois

> 2 mois

> 15 jours

< 15 jours

Conditions d'exposition

Matériaux

Non concerné

Matériels

Non concerné.

Cofacteurs environnementaux

Organisation du  travail

  • Forte responsabilité, ou difficultés  de maîtrise par  sous-traitance en  cascade
  • Pression  temporelle. délais  trop  courts, travail « à flux tendu » ou   travail à la  tâche,  , interruptions fréquentes de tâche,
  • Equipes  alternantes,  travail  posté,
  • Incompatibilité  des  injonctions  et  des  objectifs entres  eux,
  • Définition imprécise  de la  tâche 
  • Inadéquation  entre objectifs  et moyens
  • Impossibilité  ou défaut de planification  et d’anticipation  
  • Absence  d’ encadrement  de l’utilisation des  nouvelles  technologies  de l’information  et plus  particulièrement  les  technologies  nomades (téléphones  tablettes, ordi portables)  qui peuvent  majorer la  charge  mentale  et  réduire les   temps  de récupération : non  respect  du  droit  à la déconnection.

Hiérarchie

  • Défaut d’accompagnement   de l’opérateur
  • Dysfonctionnement des relations hiérarchique : absence de moments  d’échange, difficultés de contact entre opérateur et responsable direct en cas de difficulté. Défaut de communication interne régulière et transparente sur les projets ou les résultats de l’activité, manque d’explication sur les décisions prises et de réponse  aux  questions sont autant d’éléments qui ne permettent pas de positionner le travailleur comme un acteur de confiance qui a toute sa place dans le fonctionnement  de l’entreprise.
  • Absence d’autonomie, de marge de manœuvre.

Collectif  de travail

  • Absence de  collectif  de  travail, ruptures  fréquentes  de la  composition  de l’équipe
  • Absence  de régulation  de l’utilisation  professionnelle des  nouvelles  technologies  de l’information  et plus  particulièrement  les  technologies  nomades (téléphones  tablettes, ordinateurs  portables)  qui peuvent  majorer la  charge  mentale  et  réduire les   temps  de récupération  : non  respect  du  droit  à la déconnection
  • Environnement physique difficile
  • Travail posté  ou de nuit, bruit, lumière, température,  humidité; éloignement  du  domicile,  grands  déplacements,  insuffisance  des protections  collectives.

Facteurs individuels

Niveau de formation insuffisant

Inexpérience,  défaut  de  savoir  faire de l’opérateur

Problème de santé physique,  psychique  ou  social  de l’opérateur

 

Barème de décision

Critères complets

Les coefficients de pondération s'additionnent : proposition d'action médicale renforcée pour un total supérieur ou égal à 5.

Conditions d’exposition

Permanent

Fréquent

Intermittent

Occasionnel

Tâches        

Tâches exposantes

2

2

0

0

Cofacteurs environnementaux        

Type de chantier : déplacements, dangers (hauteur), délais trop courts, sous-traitance en cascade.

1

1

0

0

Type de travail : à la tâche, travail posté.

1

1

0

0

Environnement physique : bruit, humidité, manque d’éclairage, ambiance thermique défavorable.

1

1

0

0

Environnement professionnel : manque de cohésion de l’équipe.

1

1

0

0

Environnement social :

1

1

0

0

Cofacteurs individuels        

Etat de santé physique,mental

1

1

1

1

Inadéquation du niveau de formation à la complexité de la tâche.

1

1

1

1

Motivations personnelles : attitude négative par rapport à la tâche.

1

1

1

1

Environnement familial : difficultés socio-familiales

1

1

1

1

Emplois multiples

1

1

1

1

Contenu des actions

Suivi règlementaire

Suivi individuel de l’état de santé des travailleurs

Suivi individuel de l’état de santé hors risques particuliers : concerné
Suivi individuel renforcé : non concerné

Décret 2001-97 du 1 février 2001 : CMR : non concerné
Décret 2016-1908 du 27 décembre 2016, Art R. 4624-23  du CT : non concerné       

Travaux interdits

Travaux interdits aux moins de 18 ans : Décret 2013-915 du 11 octobre 2013 : non concerné.

Travaux interdits aux salariés en CDD (contrat à durée déterminée) et aux salariés temporaires (D4154-1 du CT) : non concerné

Surveillance post professionnelle

Arrêté du 6 décembre 2011 modifiant l’arrêté du 28 février 1995 : non concerné

Modalités du suivi individuel de l'état de santé

Visite d’information et de prévention

  • Réalisée par un professionnel de santé (infirmier en santé travail, collaborateur médecin, interne en médecine du travail, médecin du travail) selon le protocole établi
  • Dans les 3 mois suivant l’affectation au poste (sauf mettre avant pour risque bio groupe 2 et CEM > VLEP)
  • Avant l’affectation pour les travailleurs de nuit et les jeunes de moins de 18 ans hors risques soumis à dérogation
  • Orientation systématique vers le médecin du travail pour les femmes enceintes, les travailleurs reconnus handicapés, en invalidité ou si l’âge, l’état de santé, les conditions de travail et/ou les risques professionnels le nécessite.
  •  Interrogatoire du sujet, recherche de facteurs prédisposant (problèmes de santé physique, mentale ou sociale, difficultés familiales).

Périodicité de la Visite d’information et de prévention

  • Réalisée par un professionnel de santé (infirmier en santé travail, collaborateur médecin, interne en médecine du travail, médecin du travail) selon le protocole établi
  • Au maximum tous les 5 ans
  • Au maximum tous les 3 ans pour les travailleurs reconnus handicapés, en invalidité, les travailleurs de nuit  ou si l’âge, l’état de santé, les conditions de travail et/ou les risques professionnels le nécessite.
  • Interrogatoire du sujet et du collectif de travail. Recherche de signes de décompensation. Suivi par des visites plus fréquentes.

Traçabilité des expositions:  non  concerné

Prévention

Prévention collective

Procédures d’accueil. Repérage et analyse des postes « à risques ».

Accompagnement  des  nouveaux  salariés pour les  tâches  complexes : compagnonnage, tutorat

Formation de l’encadrement de l’entreprise  à la  communication  et  dépistage  et à la gestion des dysfonctionnements.

Prévention individuelle

Conseils de formations et remise à niveau si nécessaire.

Prévention  secondaire : orientation et accompagnement en cas de  surcharge  chronique  et/ou  de risque  de  décompensation

Réparation

Néant

Secours

Non  concerné

Remarques

Pour les  entreprises  de plus  de 50  salariés

Article L 2242-8 du  code  du  travail  alinéa 7° Les modalités du plein exercice par le salarié de son droit à la déconnexion et la mise en place par l’entreprise de dispositifs de régulation de l’utilisation des outils numériques, en vue d’assurer le respect des temps de repos et de congé ainsi que de la vie personnelle et familiale. A défaut d’accord, l’employeur élabore une charte, après avis du comité d’entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel. Cette charte définit ces modalités de l’exercice du droit à la déconnexion et prévoit en outre la mise en œuvre, à destination des salariés et du personnel d’encadrement et de direction, d’actions de formation et de sensibilisation à un usage raisonnable des outils numériques.

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