ECRAN (Travail sur écran)

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Mis à jour le 8 avril 2005

Les informations fournies par cette fiche sont indicatives, sans valeur légale et sans caractère obligatoire.

Définition de la nuisance ou situation dangereuse

L’écran n’est pas à lui seul un facteur de risque pouvant présenter un danger pour la santé du salarié. Cependant, l’importance des facteurs d’environnement du poste de travail sur écran exige une attention toute particulière de la part du médecin du travail. Ce type de travail peut en effet être révélateur de troubles : • Troubles visuels. • Troubles musculo-squelettiques. • Troubles généraux dus en partie au stress.

Danger

• Troubles visuels : – Fatigue visuelle avec son cortège de symptômes plus ou moins subjectifs : lourdeur, sensation de tension des globes oculaires, brûlures, picotements palpébraux, rougeur oculaire, larmoiement. – Blépharite ( astigmatisme mal corrigé). – Déficit d’accommodation avec vision floue (hypermétropie décompensée). – Déséquilibre oculo-moteur: post image, diplopie. • Signes généraux : céphalées, sensations vertigineuses. – Troubles musculo-squelettiques : – Inconfort musculo-squelettique avec troubles : douleur, gêne au niveau du cou, des épaules, du dos et des membres supérieurs (contraction statique peu intense mais de longue durée). – Troubles ostéo-musculaires: cou, bras, mains, – Stress, irritabilité, nervosité, anxiété, dépression. – Le risque dû aux rayonnements X et UV est négligeable (< à la valeur limite d’exposition).

Tâches et postes

Tous les postes de travail non manuels peuvent être informatisés.

 

Tâches

Postes

Tâches de conception et réalisation de plans, d’études Dessinateur de bureau d’études, architecte, ingénieur
Gestion, comptabilité Comptable, secrétaire,
Saisies Secrétaire, dactylo, employé de bureau, agent de saisie….
Surveillance avec écran Surveillant de centrales (enrobés, béton, carrière…)

Fiches FAST liées

  • Agents Maintenance Parking Souterrain

Niveau d'exposition

Temps : durée - fréquence

Exposition

Permanente

Fréquente

Intermittente

Occasionnelle

%

> 70

> 30

> 5

< 5

Jour

> 6 heures

> 2 heures

> 30 mn

< 30 mn

Semaine

> 3 jours

> 1 jour

> 2 heures

< 2 heures

Mois

> 15 jours

> 6 jours

> 1 jour

< 1 jour

Année

> 5 mois

> 2 mois

> 15 jours

< 15 jours

Intensité

Caractère constant ou entrecoupé de pause : la présence de pauses (une pause de 5 mn toutes les 60 mn) est préconisée. Contenu informatique de l’écran (complexité et densité des informations présentées). Notion plus subjective concernant la densité de la tâche. Complexité du logiciel. Nombre de fenêtres d’informations sur l’écran (> 4), nombre de couleurs significatives (>4). Opérations de saisie à partir de documents denses ou complexes.

Conditions d'exposition

Matériels

Pour être adapté, le matériel utilisé doit respecter un certain nombre de critères :
• Ecran : l’écran optimal possède :
– Un traitement anti-reflet de conception.
– Un fond rétro-éclairé s’il est à cristaux liquides.
– Une matrice-point > à 7 x 9.
– Une fréquence de balayage vertical > 70 Hz (en cas de fond clair).
– Des couleurs non saturées au nombre maximum de 4 (bleu et rouge déconseillés).
– Pas plus de 4 fenêtres ouvertes en même temps.
Cet écran doit posséder un réglage de la luminosité et du contraste, être orientable en hauteur et latéralement, et régulièrement dépoussiéré.
• Clavier : le clavier doit être mobile, séparé de l’écran et mince (4 cm au niveau de la rangée du milieu) pour éviter l’hyperextension du poignet, et se situer à 10 – 15 cm du bord de la table, pour permettre de poser poignets et avant-bras.
• Souris : taille adaptée à la main.
• Siège : il doit être réglable en hauteur et posséder un dossier inclinable afin d’adopter la meilleure posture : pieds à plat sur le sol ou sur le repose-pieds, cuisses à l’horizontale sous le plan de travail, angle bras-avant-bras supérieur ou égal à 90° et coudes proches du corps, angle tête-tronc < 10°.
• Surfaces de travail : claires et mates, non réfléchissantes et de dimensions suffisantes (80 cm de profondeur).
• Distances : le haut du moniteur doit être placé à la hauteur de l’oeil ou légèrement en dessous; la distance oeil-écran (environ 50 à 70 cm) doit être adaptée à la taille des caractères (170 fois la hauteur des caractères majuscules); la distance oeil-écran et oeil-document ne doit pas différer de plus de 20 cm).
• Pauses : des changements d’activité ou des pauses sont nécessaires pour tout travail sur écran. Recommandations BIT : pause de 5 minutes toutes les 2 heures et temps de travail maximum de 8 heures par jour.
Recommandations INRS : pause d’au moins 5 minutes après 45 minutes de travail pour les tâches de saisie ( 10 minutes si le travail se fait sous contrainte temporelle) et pause de 15 minutes après 2 heures pour les tâches conversationnelles ou les tâches d’acquisition de données.

Cofacteurs environnementaux

Un éclairage insuffisant ou excessif, une température inadaptée des locaux, un degré hygrométrique insuffisant et un bruit excessif sont les principales nuisances rencontrées.
• Eclairage : il ne doit pas être une source d’éblouissement ou de reflets sur l’écran et il doit permettre une répartition homogène des luminances dans le champ visuel des opérateurs.
– Les niveaux d’éclairement recommandés sont de 400 à 500 lux pour les écrans à fond clair et de 200 à 300 lux pour les écrans à fond sombre.
– L’éclairage naturel optimum est celui des fenêtres sur un seul côté du local, munies de stores à lamelles horizontales (sauf à l’est où elles doivent être verticales).
L’écran devra être placé perpendiculairement à ces fenêtres.
– L’éclairage artificiel préférentiel sera assuré par des luminaires à basse luminance, de type indirect intensif, ayant une température des couleurs comprise entre 3000 et 4000 K°, un indice de rendu des couleurs > 80 et une grille de défilement.
Les sources lumineuses ne doivent pas être visibles dans un angle de 30° au dessus du niveau des yeux et doivent être disposées de part et d’autre des terminaux.
Si un éclairage d’appoint est nécessaire, il doit être individuel, réglable en puissance, muni d’une grille de défilement et placé à l’aplomb du moniteur.
• Ambiance thermique recommandée : en période hivernale : 20 à 24° avec une vitesse de l’air < 0,15 m/sec et en période estivale de 23 à 26° avec une vitesse de l’air < 0,25 m/sec.
• Humidité relative : l’idéal est de se situer entre 60 et 65 % pour éviter le dessèchement des muqueuses.
• Bruit : il doit être < 60 dB.

Facteurs individuels

Toutes les altérations de la rétine et tous les troubles de l’accommodation sont source de fatigue visuelle et devront être surveillés.
• Les personnes de plus de 45 ans (presbytes).
• Les amétropies non ou mal corigées, en particulier l’astigmatisme indirect, vice de réfraction (le plus problématique) et la myopie grave (risque de décollement de la rétine).
• Les hétérophories (sources de céphalées et malaises) et les insuffisances de convergence (sources de céphalées et diplopie).
Une surveillance spéciale systématique devra être assurée pour les personnes atteintes de troubles de la vision binoculaire, d’insuffisance de la vision intermédiaire, de dyschromatopsies graves et de pathologies oculaires diverses.

Barème de décision

Critères complets

Les coefficients de pondération s'additionnent : proposition d'action médicale renforcée pour un total supérieur ou égal à 5.

Conditions d’exposition

Permanent

Fréquente

Intermittente

Occasionnelle

Conditions de travail

Durée d’exposition

5

3

2

0

Cofacteurs individuels

Sujet > 45 ans

1

1

1

0

Forte amétropie corrigée

1

1

0

0

Verres bifocaux

1

1

0

0

Hypertonie oculaire

1

1

0

0

Cofacteurs environnementaux

Travaux stressants

1

1

1

0

Environnement défavorable

1

1

1

0

Critères simples

Pas de facteur déterminant à priori : tenir compte de la conjonction de plusieurs facteurs pour instituer une S.M.R. En pratique un opérateur travaillant au moins 4 h par jour sur écran doit bénéficier d’une SMR.

Contenu des actions

Suivi règlementaire

Suivi individuel de l’état de santé des travailleurs

Arrêté du 11-7-77 : travaux d’opérateur sur terminal à écran, et décret du 14-5-91 applicable depuis le 1-1-93 (transposition d’une directive CEE du 29-5-90).

Surveillance post professionnelle

Non concernée

Modalités du suivi individuel de l'état de santé

La protection des salariés est depuis le décret du 14 mai 91 sous la double responsabilité du médecin et de l’employeur qui est responsable des conditions de travail (décret n° 91-451 du 14-5-91 dans ses articles 3 à 15 ). Examen à orientation ophtalmologique initial, renouvelé à intervalles réguliers et lors des visites périodiques (tous les 5 ans jusqu’ à 40 ans puis tous les 2 ans). L’examen doit comprendre, un examen clinique avec investigation des yeux et de la vue. L’utilisation du visiotest permet de réaliser la presque totalité des examens conseillés :
• Mesure de l’acuité monoculaire et binoculaire avec et sans correction, en vision de près, en vision de loin.
• Etude des phories, et de l’équilibre oculo moteur.
• Vision du relief.
• Etude du sens chromatique.
• Mesure du Punctum Proximum d’ accommodation et de convergence .
• Vision périphérique et campimètrie.
Recherche de troubles visuels et de signes de fatigue visuelle (test de fusion, récupération, après éblouissement). Etude des plaintes formulées par les utilisateurs d’écrans.
Un examen ophtalmologique spécialisé sera pratiqué en cas d’anomalie ou de plainte du salarié.

• Correction des amétropies et hétérophories. Information concernant le risque et les moyens de prévention (pauses courtes mais fréquentes)

Prévention

Prévention collective

Choix du matériel et de son implantation (écrans perpendiculaires aux fénêtres). Métrologie : éclairage, bruit, température et hygrométrie (en cas de plaintes).

Prévention individuelle

Adaptation du poste à la morphologie de l’opérateur (repose pieds, hauteur de l’écran, distance oeil écran… ). Partie haute du moniteur à hauteur des yeux et poignets ou avant bras posés. Choix du matériel : écran (affichage sombre sur fond clair), clavier, logiciel. Conseils de pratique de sport ou gymnastique. Utilisation d’un siège ergonomique et éventuellement d’un repose pieds, réglage des hauteurs d’écran. Correction d’un défaut qualitatif ou quantitatif de lumière par un éclairage d’appoint approprié. Répartition de la tâche dans le temps (dans les postes multi-tâches) et des pauses.

Réparation

Possibilité de déclaration de maladie professionnelle au titre du tableau n° 57 : affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail.

Remarques

Le travail sur écran est devenu familier dans pratiquement tous les milieux de travail. Si sa pratique n’est pas en elle même facteur de risque grave, la charge de travail, grâce à ces moyens électroniques performants n’est plus limitée que par la saturation de l’opérateur. La surveillance médicale se justifie autant que l’implication de l’employeur dans la prévention. Actuellement, l’homme doit encore s’adapter à une machine, qui de plus en plus s’adapte à lui, avec scanner, synthèse vocale, intelligence artificielle….. On peut espérer, logiquement, la disparition des troubles visuels et musculo-squelettiques, sûrement pas celle du stress ni de la charge mentale.

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