CHROME – Cr –

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Mis à jour le 16 juin 2017

Les informations fournies par cette fiche sont indicatives, sans valeur légale et sans caractère obligatoire.

Définition de la nuisance ou situation dangereuse

 

Pictogramme(s) de danger selon le règlement CLP :
Trioxyde de chrome Bichromate de sodium

Mentions de danger selon le règlement CLP :

H271- Peut provoquer un incendie ou une explosion ; comburant puissant
H350 – Peut provoquer le cancer
H340 – Peut induire des anomalies génétiques
H361f (***) – Susceptible de nuire à la fertilité ou au fœtus
H330 – Mortel par inhalation
H311 – Toxique par contact cutané
H301 – Toxique en cas d’ingestion
H372 (**) – Risque avéré d’effets graves pour les organes à la suite d’expositions répétées ou d’une exposition prolongée
H314 – Provoque des brûlures de la peau et des lésions oculaires graves
H334 – Peut provoquer des symptômes allergiques ou d’asthme ou des difficultés respiratoires par inhalation
H317 – Peut provoquer une allergie cutanée
H400 – Très toxique pour les organismes aquatiques
H410 – Très toxique pour les organismes aquatiques, entraîne des effets néfastes à long terme

Mentions de danger selon le règlement CLP :

H272 – Peut aggraver un incendie; comburant
H350 – Peut provoquer le cancer
H340 – Peut induire des anomalies génétiques
H360FD – Peut nuire à la fertilité ou au fœtus
H330 – Mortel par inhalation
H301 – Toxique en cas d’ingestion
H312 – Nocif par contact cutané
H372** – Risque avéré d’effets graves pour les organes à la suite d’expositions répétées ou d’une exposition prolongée
H314 – Provoque des brûlures de la peau et des lésions oculaires graves
H334 – Peut provoquer des symptômes allergiques ou d’asthme ou des difficultés respiratoires par inhalation
H317 – Peut provoquer une allergie cutanée
H400 – Très toxique pour les organismes aquatiques
H410 – Très toxique pour les organismes aquatiques, entraîne des effets néfastes à long terme

Métal blanc grisâtre, très résistant à l’usure, inoxydable à l’air, malléable, le  chrome  existe  sous  différents  états  d’oxydation :

  • Le  chrome  métallique Cr 0 n’existe pas  à l’état  natif  mais  est  d’origine  humaine,
  • Les  composés trivalents Cr III (oxyde  chromique) état  d’oxydation  le plus  stable, se trouvent à l’état  naturel  dans les minerais (chromite Cr2O3Fe0)
  • Les  composés  hexavalents Cr VI (anhydride,  acide ou  trioxyde  chromique, oxyde de chrome VI, bichromates) second  état  le plus  stable mais  réduit  à l’état  trivalent au  contact  de la  matière  organique,  sont  le plus souvent  anthropogènes.
  • Les  autres  composés (Cr II, IV et  V)  sont  instables  et sont  rapidement  transformés  en Cr III ou  en  Cr VI.

 

Danger

La  cinétique  et la  toxicité  des composés  du  chrome  dépendent  de son  état  d’oxydation  et de sa  solubilité. L’absorption  est  majoritairement  respiratoire.

Le  Cr III est peu  absorbé. Il  est  sensibilisant  au  niveau  cutané  et respiratoire  par  contact.

Le Cr VI  soluble  est  réduit  en Cr III après  son  absorption, entrainant  la production de dérivés  réactifs  de l’oxygène .

Toxicité  aigüe  du Cr VI

Les composés  du Cr VI  sont  irritants  et corrosifs  au  site de contact. Ils  peuvent  aussi  entrainer une  toxicité systémique, notamment  rénale, par exposition cutanée  importante.

Toxicité  chronique  du Cr VI

Allergie

Le  chrome est  l’allergène  le plus  ubiquitaire  et  un des plus  sévères  en raison  du  passage à la  chronicité  responsable  de :

  • dermatose eczématiforme  allergique lors  de la manipulation  de produits  contenant  du chrome (ciment, béton,  mortier, gypse, laitier,  pyrite) ou lors  du  port  de gants en cuir tannés  au chrome. L’effet  irritatif  de la  sueur  favorise le  développement  de  dermatose allergique.
  • asthme professionnel allergique  d’évolution  grave (plus  rare)  nécessitant  l’éviction  immédiate. Sensibilisation  croisée  avec le nickel  et le  cobalt.

Irritation

  • Sur  les  téguments :  cause de dermites  d’irritation (pouvant  faire  le lit  de dermatose allergique) et  d’effets  caustiques (pigeonneaux  ou rossignols des tanneurs)
  • Sur les  muqueuses : rhinite, ulcérations et perforations de la cloison nasale, pharyngite, laryngite, bronchite chroniques.

Cancers

Les études  épidémiologiques montrent  un  excès de risque de cancers broncho-pulmonaires avec le chrome VI. D’autres données de la littérature ont retrouvé un excès de cancers des fosses nasales et des sinus dans les usines  de production de  chromates. (Hors BTP)

Tâches et postes

Postes de travail concernés : maçonnerie,  soudage  d’acier inoxydable, production et utilisation de pigments, (peinture), chromage, production d’alliages

 

Activités et situations de travail

Postes de travail

Manipulation de ciment contenant  des traces  de chrome 

source d’eczéma  de contact  dans  le secteur  de la construction, nettement  diminué  depuis l’adjonction  systématique de sulfate  ferreux  au ciment.

Contact  cutané  avec ciment  mouillé ou  exposition  aux  poussières  de ciment  sec.

Préparation  et manipulation  du  ciment, béton  et mortier.

Tous les corps d’état  en contact  avec le  ciment, béton et mortier : maçon,  carreleur,  chapiste,  manœuvre…

Soudage d’alliages à  base de chrome : Présence de Cr VI dans les fumées de soudage.

Le procédé  de soudage  et le métal d’apport  sont  responsables de 90% des émissions. Le métal  de base  n’intervient  que  faiblement.

Corps  d’état  du  second  œuvre  faisant  du  soudage à l’arc Peintre BTP, peintre sur métaux…( chalumiste, plombier,  chauffagiste,  chaudronnier,  tuyauteur…)
Découpage  au  chalumeau, grattage,  meulage de matériaux   chromés ou  recouverts  d’enduits  chromés. Soudeur,  métallier, chalumiste, plombier, monteur  en  charpentes  métalliques,  démolisseurs,  ferrailleurs.

Peintures : exposition  possible  lors  du  décapage  thermique, des préparation et application  de  peintures contenant du Cr VI utilisé  comme  pigment et  agent anticorrosion.

Agent  anti  corrosion  sur métaux : couche  primaire  de chromate de zinc.

Pigments fabriqués  à partir  de bichromate de sodium : vert  de chrome.

Jaune  et rouge de chrome contiennent  du  chromate de plomb.

Le  jaune  de Zinc   contient  également  du  chrome et du plomb.

Peintre  BTP, peintre  sur  métaux.
Menuiserie, charpente Exposition  au  dichromate  de sodium lors  du traitement et séchage  du bois : exposition  possible  au  trioxyde   de chrome  par  voie  cutanée lors de la  réception ou  du  stockage  du  bois  ou  des traitements pour  le bois. Menuisier, ébéniste, charpentier, parqueteur, maçon de réhabilitation.
Manipulation d’objets traités au chrome 
Contact avec des tôles galvanisées, ayant subi une chromatation anticorrosion (Hors  BTP)
Tous corps d’état du second œuvre.

Interventions  sur matériaux réfractaires (revêtements de fours industriels : fabrication et utilisation de briques de chromite, de magnésiens-chrome. (chromite, sels trivalents), démolition, nettoyage de fours industriels.

Fumiste, manœuvre, maçon, démolisseur.
Utilisation d’huiles solubles
Huiles solubles neuves et huiles de coupe usagées, contaminées par des chromates par frottement avec les machines.
Mécanicien, tourneur, métallier, charpentier, entretien de machines, atelier. Coffreur, boiseur, préfabrication, manoeuvre
Traitement  de surface,  chromage Hors  BTP
Polissage de métaux Utilisation de pâte à aviver / vert de chrome (mélange de suif et d’oxyde de chrome). Hors BTP.

Niveau d'exposition

Temps : durée - fréquence

Exposition

Permanente

Fréquente

Intermittente

Occasionnelle

%

> 70

> 30

> 5

< 5

Jour

> 6 heures

> 2 heures

> 30 mn

< 30 mn

Semaine

> 3 jours

> 1 jour

> 2 heures

< 2 heures

Mois

> 15 jours

> 6 jours

> 1 jour

< 1 jour

Année

> 5 mois

> 2 mois

> 15 jours

< 15 jours

Intensité

Nom Formule CAS

mg/m3 

mg/m3 

Etats-Unis TWA mg/m3 – VME en Cr Etats-Unis STEL mg/m3 – VLE en Cr
Composés du Chrome VI     0,001 0,005    
Trioxyde de Chrome CrO3 1333-82-0 0,001 0,005    
Composés du Chrome VI solubles dans l’eau         0,05  
Composés du Chrome VI insolubles         0,01  
Chromate de zinc ZnCrO4 13530-65-9     0,01  
Chrome métal Cr 7440-47-3 0,2      
Chrome (métal et composés de chrome III)           0,5

Conditions d'exposition

Matériaux

Ciment, peinture, encre, métaux…

Matériels

Soudure à l’arc sans gaz inerte, chalumeau.

Cofacteurs environnementaux

Pas d’aspiration, atmosphère confinée, travail à sec. 

Facteurs individuels

Tabagisme, dermatoses, pathologies pulmonaires.

Barème de décision

Critères complets

Les coefficients de pondération s'additionnent : proposition d'action médicale renforcée pour un total supérieur ou égal à 5.

Conditions d’exposition

Permanente

Fréquente

Intermittente

Occasionnelle

Matériaux        

Peinture, encre, métaux, ciment (voir fiche)

1

1

0

0

Matériel        

Soudure à l’arc 

2

2

1

0

Découpe au chalumeau

2

2

1

1

Outils de débit : tronçonneuse, scie, ponceuse

2

1

1

0

Travaux par pulvérisation 

2

2

1

1

Cofacteurs individuels        

Tabagisme

1

1

0

0

Dermatose, pathologie pulmonaire 

2

2

1

1

Cofacteurs environnementaux        

Pas d’aspiration, atmosphère confinée

2

2

1

0

Travail à sec

2

2

1

0

Travail à la chaleur (sudation)

1

1

0

0

Critères simples

Brouillard visible, atmosphère confinée.

Contenu des actions

Suivi règlementaire

Suivi individuel de l’état de santé des travailleurs

Suivi individuel de l’état de santé hors risques particuliers : non  concerné
 Suivi individuel renforcé : concerné
Décret 2001-97 du 1 février 2001 : CMR : concerné

Décret 2016-1908 du 27 décembre 2016, Art R. 4624-23  du CT : concerné (CMR  de groupe 1  et 2 …)

 

Travaux interdits

Travaux interdits aux moins de 18 ans : Décret 2013-915 du 11 octobre 2013 : concerné.

Dérogation possible selon la procédure de dérogation définie par le décret 2015-443 du 17 avril 2015.

Travaux interdits aux salariés en CDD (contrat à durée déterminée) et aux salariés temporaires (D4154-1 du CT) : concerné

Dérogation exceptionnellement possible (L4154-1du CT) : l’employeur peut demander l’autorisation à la DIRECCTE par lettre AR, accompagnée de l’avis du CHSCT, des DP et du médecin du travail (D4154-3 du CT)

Travaux interdits aux femmes enceintes ou allaitantes (article D4152-10 du code du travail) : concerné.

Surveillance post professionnelle

Arrêté du 6 décembre 2011 modifiant l’arrêté du 28 février 1995 : concerné 

Si concerné préciser le contenu de la SPP prévue dans le texte

  • Tous  les  2  ans :
    • Examen  clinique  médical
    • Radiographie  pulmonaire

Modalités du suivi individuel de l'état de santé

Suivi individuel renforcé

Examen médical d’embauche

Réalisé par le médecin du travail 

Examen médical préalable à l’affectation (R4624-24 du CT) 

  • Eviter  d’exposer les  sujets allergiques  au  chrome ou  atteints de  dermatose  chronique ou  récidivante,  d’asthme.
  • En cas d’exposition prévisible par inhalation : proposer  radiographie pulmonaire  de référence, EFR.  Recommander aux porteurs de lentilles de contact, plus particulièrement les souples, d’utiliser des verres correcteurs lors des travaux où ils peuvent être exposés à des  aérosols  acides.
  • Informer sur le risque notamment  cancérogène, sur les moyens de prévention et sur le suivi médical
  • Accorder une attention particulière aux personnes atteintes de pathologies   respiratoires  ou  cutanées…
  • Information  sur  les, risques  et les  moyens  de prévention  médicale

Examens périodiques

Réalisés par le médecin du travail

Périodicité : ne peut être supérieure à 4 ans   

Périodicité 1 an pour les jeunes de moins de 18 ans affectés à des travaux soumis à dérogation (si besoin selon le risque si concerné) (R. 4153-40 du CT)

Visite  intermédiaire

Réalisées par un professionnel de santé (infirmier en santé travail, collaborateur médecin, interne en médecine du travail)

  • Au plus tard 2 ans après la visite avec le médecin du travail
  • Orientation si besoin vers le médecin du travail
  • Points de surveillance : rechercher les signes de lésions  cutanées,  oculaires  et nasale,  des  signes  d’irritation  respiratoire
  • EFR à intervalle  régulier
  • Biométrologie  d’exposition  à  discuter  dans  le BTP  en  fonction  de l’exposition : NB : le  soudage  à l’électrode  enrobée constitue une  tâche  particulièrement  exposante  dans le BTP. En  ce  qui  concerne  le  métabolisme, les  dérivés  trivalents sont  plus   faiblement  absorbés  que  les  dérivés hexavalents. Le  chrome VI,  très  réactif,  est  rapidement  réduit  en  chrome III  dans  tous  les  tissus. Le  chrome III pénètre  dans les hématies  où il  est retenu : les  dosages de chrome  sérique, plasmatique  et urinaire reflètent  la  quantité  de chrome  absorbé. La  chromurie   faite  en  fin  de poste  est  le  meilleur  indicateur d’exposition  récente  au  chrome ( et  de  l’exposition  chronique  en  cas  d’exposition  importante).

 

Traçabilité des expositions:

  • Renseigner le dossier médical individuel
  • Conserver les fiches individuelles d’exposition dans le dossier médical pour les expositions aux ACD antérieures au 1er février 2012.
  • Depuis la loi 2015-994 du 17 août 2015, l’employeur n’a plus à établir de fiche individuelle de prévention des expositions mais doit déclarer de façon dématérialisée à la caisse d’assurance retraite les expositions des salariés aux facteurs de pénibilité au-delà de certains seuils fixés par décret, seuils appréciés après application des mesures de protection collective et individuelle
  • Attestation d’exposition aux ACD pour la mise en place du suivi post professionnel pour les expositions antérieures au 1 er Février 2012.

Prévention

Prévention collective

Prévention commune aux agents chimiques dangereux (art 4412-1 à 4412-57 du CT)

Substitution

Substitution , à  défaut, automatisation  des process , vase clos. Aspiration, captation. Contrôles atmosphériques . Nettoyage quotidien des locaux par aspiration, lavage,  procédés humides. Décapage au pistolet à air chaud plutôt qu’au chalumeau. Isolation des postes à risques.

Prévention individuelle

Ne pas fumer, boire, manger sur les lieux de travail. Hygiène corporelle, douche, changement de vêtements après le travail, armoire, vestiaire double. Hygiène et protection des mains (crèmes protectrices peu efficaces). Port des équipements de protection individuelles (EPI), exempts de chrome.

Réparation

Réparation : tableaux de MP

• TRG n° 10 : ulcération et dermites. • TRG n° 10 bis : affections respiratoires. • TRG n° 10 ter : affections cancéreuses

Bibliographie

Mot-clés