CHALEUR (Travail à la chaleur)

Imprimer
Mis à jour le 7 juin 2012

Les informations fournies par cette fiche sont indicatives, sans valeur légale et sans caractère obligatoire.

Définition de la nuisance ou situation dangereuse

Le travail à la chaleur n’a pas de définition réglementaire. Toutefois le travail à des températures supérieures à 30° à l’ombre pour une activité sédentaire et à 28° pour un travail nécessitant une activité physique peut être considéré comme du travail à la chaleur.

Danger

Au repos l’homme est un homéotherme capable de maintenir une température centrale ou Tc entre 37° C et 37,5° C. Les variations physiologiques de la Tc sont comprises entre 36° et 39°. Si l’augmentation de la Tc dépasse 1,2°, la thermorégulation ne fonctionne plus normalement.

L’InVS a retenu une classification de 4 niveaux de gravité :
– Niveau 1 : coup de soleil : rougeurs et douleurs et dans les cas graves : gonflements, vésicules, fièvre et céphalées.
– Niveau 2 : crampes, spasmes douloureux des jambes et de l’abdomen, forte transpiration.
– Niveau 3 : épuisement, forte transpiration, froideur et pâleur de la peau, pouls faible, évanouissement et vomissements, température normale.
– Niveau 4 : coup de chaleur : température corporelle élevée (> 40,6° C), peau sèche et chaude, pouls rapide et fort, signes neurologiques, perte de conscience possible : c’est une urgence médicale vitale.

Tâches et postes

Activités et situations de travail

Postes de travail

Travail physique en plein soleil Tout poste extérieur en périodes de fortes chaleurs (canicules) : exposition de façon saisonnière surtout si travail intense en extérieur.
Expatriés en zone tropicale Toutes tâches extérieures
Pose d’enrobés routiers Manoeuvre, conducteur finisheur, conducteur d’engins
Travaux sur fours Maçon fumiste, briqueteur, suivi de processus thermique
Postes de travail spécifiques Travaux de désamiantage, nucléaire

Niveau d'exposition

Temps : durée - fréquence

L’acclimatement est de 8 à 12 jours, la tolérance s’améliore ensuite, et disparaît 8 jours après l’arrêt de l’exposition.

 

Exposition

Permanente

Fréquente

Intermittente

Occasionnelle

%

> 70

> 30

> 5

< 5

Jour

> 6 heures

> 2 heures

> 30 mn

< 30 mn

Semaine

> 3 jours

> 1 jour

> 2 heures

< 2 heures

Mois

> 15 jours

> 6 jours

> 1 jour

< 1 jour

Année

> 5 mois

> 2 mois

> 15 jours

< 15 jours

Intensité

– Les paramètres de base décrivant les ambiances thermiques sont la température de l’air (Ta), la température moyenne de rayonnement, l’humidité, la vitesse de l’air, l’isolement vestimentaire et la production de chaleur métabolique. Mais ils sont compliqués à utiliser en pratique quotidienne. L’évaluation du risque thermique doit prendre en compte les facteurs individuels (poste de travail, état de santé…), organisationnels et environnementaux. Il convient d’être vigilant dès que la température ambiante à l’ombre dépasse 30° dans la journée. Le risque est accru pour des températures nocturnes > 25° et une humidité relative de l’air élevée > 70°.
– L’indice WBGT sert au dépistage de situations à risques de contrainte thermique. Le WBGT (Wet Bulb Globe Temperature) ou température humide et de globe noir se mesure selon les recommandations de la norme NF X35-201 avec un thermomètre spécial. A titre indicatif : en fonction de la charge de travail, un indice WBGT > 25° pour un travail continu lourd, WBGT > 30° pour un travail léger nécessitant une vigilance accrue en raison d’un risque thermique excessif.

Le risque « météorologique » peut être évalué par la mesure de la température ambiante et de l’humidité relative de l’air avec l’utilisation du « Heat Index Chart » (INRS) : un indice supérieur à 105 indique un risque possible de coup de chaleur.
– Martinet et Mayer (1999) proposent une relation validée sur le terrain, liant les variables : augmentation de la température buccale ou dtbu et les extrapulsations cardiaques thermiques EPCT : dtbu = 0,04 + 0,029 EPCT (p < 0 ,001); Le dtbu mesure l’augmentation de la fréquence cardiaque de repos entre le début et la fin de l’exposition, exprimée en battements/minute.

– Indice de confort thermique : NF X 35-203

– Calcul de la sudation requise : NF X 35-204

Conditions d'exposition

Matériaux

Enrobés routiers

Matériels

– Chalumeau, four
– EPI : combinaison de protection lourde et étanche

Cofacteurs environnementaux

– Confinement
– La tolérance augmente avec la vitesse et la sécheresse de l’air.
– canicule

Facteurs individuels

L’acclimatement est de 8 à 12 jours, la tolérance s’améliore ensuite.
L’âge et l’état cardio-vasculaire sont à prendre en compte.
L’acclimatement n’existe pas pour les expositions intermittentes.

Barème de décision

Critères complets

Les coefficients de pondération s'additionnent : proposition d'action médicale renforcée pour un total supérieur ou égal à 5.

Critères simples

Plaintes des salariés, EPCT.

Contenu des actions

Surveillance légale

Surveillance médicale renforcée

– Arrêté du 11-7-77 : abrogé

– Décret 2001-97 du 01-02-01 CMR : sans objet.

Surveillance post professionnelle

Non concernée.

Action médicale renforcée

Le danger est surtout lié au risque d’accident, aigu ou subaigu.
• Embauche :
– Bilan cardio-vasculaire si > 45 ans.
– Surveillance régulière des sujets non acclimatés.
• Visites ultérieures :
– Vérification de l’acclimatement.
– Bilan cardio-vasculaire en cas de plainte ou d’asthénie.

Prévention

Prévention médicale

 

Travail léger 175 w

Travail mi-lourd 290 w

Travail lourd 410 w

Période d’exposition à la chaleur

Temps de repos accordé

30,1 26,8 25,1 110 mn 10 mn
30,6 28 25,9 45 mn 15 mn
31,5 29,5 28 30 mn 30 mn
32,4 31,4 30,1 15 mn 45 mn
33 32 31,5 5 mn 55 mn

Prévention collective

• Mécaniser pour éloigner de la source chaude, diminuer les temps d’exposition et la charge physique.
• Calcul des temps d’exposition tolérables (la norme X 35- 204 donne un programme de calcul en préparant le chantier) et mesure d’un des indices.
• Ecrans contre les IR (très efficace).
• Ventiler pour évaporer la sudation.
• Climatisation des véhicules.

• Vérification des temps d’exposition tolérables (Norme X 35-204) en fonction du planning d’exécution (cf le tableau suivant).

Prévention individuelle

• Information : en période de fortes chaleurs : pauses régulières dans une salle plus fraiche (< 5° à Ta), boire, se protéger la tête et le corps.
• Aménagements d’horaires.
• Mise à disposition d’eau potable et de sel.
• Hygiène alimentaire : éviter la consommation de boissons alcoolisées, repas légers et fractionnés.
• Vêtements de protection. Les vêtements anti-chaleur sont souvent lourds et imperméables : ils gênent la thermorégulation.
• Boissons fraîches (arrêté du 11-8-61).

Réparation

TRG n° 58 : affections professionnelles provoquées par le travail à hautes températures dans les mines de potasse.
TRG n° 71 : affections oculaires dues au rayonnement thermique (délai de prise en charge de 15 ans pour cataracte aux IR).

Secours

La prise en charge en urgence d’une victime d’un « coup de chaleur » consiste à la rafraîchir pour obtenir une Tc < 39°.

Remarques

Pas d’acclimatement pour les expositions intermittentes.
L’article D 4121-5 du code du travail qui définit les facteurs de pénibilité inclut les températures extrêmes.

Mot-clés