ACIDE FLUORHYDRIQUE

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Mis à jour en 2017

Les informations fournies par cette fiche sont indicatives, sans valeur légale et sans caractère obligatoire.

HF - FLUORURE D'HYDROGENE
  • H 330 Mortel par inhalation
  • H 310 Mortel par contact cutané
  • H 300 Mortel en cas d'ingestion
  • H 314 Provoque des brûlures de la peau et des lésions oculaires graves

Définition de la nuisance ou situation dangereuse

C’est un liquide incolore très volatil, fumant à l’air (vapeur blanche) et très soluble dans l’eau. Son point d’ébullition est à 19,5°C.

Les produits contenant de l’acide fluorhydrique sont utilisés en solution diluée ou sous forme de gel ou de pâte.

A toutes concentrations, l’acide fluorhydrique attaque le verre et le béton.

Danger

L’acide fluorhydrique est caustique, il provoque des brûlures de la peau, des yeux, une irritation des voies respiratoires et parfois une intoxication mortelle. L’absorption de l’acide fluorhydrique se fait par toutes les voies.

Le risque principal dans le BTP est le risque d’accident.

TOXICITE AIGUE:
• Irritation des muqueuses par les vapeurs : l’irritation oculaire commence à 2 ou 3 ppm. Le seuil olfactif est inférieur à 1 ppm.

• Brûlures cutanées :

  • si la concentration est supérieure à 45 % : apparition immédiate de douleurs violentes. La lésion évolue vers une nécrose pouvant atteindre les muscles, les tendons ou les os.
  • si la concentration est comprise entre 20 et 45 % : la brûlure n’est décelable qu’entre 1 h à 8 h.
  • si la concentration est inférieure à 20 % : la douleur et l’érythème peuvent n’apparaître que 24 h après le contact.

Même dilué, ce caustique provoque des douleurs retardées : les douleurs sont d’autant plus retardées que le caustique est dilué.

• Brûlures oculaires : elles sont extrêmement graves. La douleur n’est immédiate qu’en cas de contact avec des solutions de concentration supérieure à 15 %. Elles évoluent vers une nécrose.

• Les atteintes respiratoires : sont rares car l’odeur suffocante est détectée immédiatement. L’œdème aigu lésionnel est rare mais peut survenir de façon retardée.

Les brûlures chimiques cutanées, oculaires et respiratoires peuvent continuer d’évoluer à bas bruit à l’arrêt de l’exposition.

• Les atteintes cardiaques : par hypocalcémie (troubles de la conduction et de la repolarisation) ; une contamination cutanée sur la surface d’une main peut induire une hypocalcémie sévère.

• Les atteintes digestives : exceptionnelles et souvent volontaires par absorption: douleurs abdominales précoces, hypocalcémie importante et lésions caustiques aéro-digestives

TOXICITE CHRONIQUE (BTP peu concerné) :

  • Les atteintes osseuses : fluorose en cas d’exposition répétée

Tâches et postes

 

Activités et situations de travail
Postes de travail
Dépolissage et gravure du verre Miroitier
Décapant avant soudure Soudeur
Décapage des métaux, brillantage des aciers Métallier

Nettoyage de surfaces en aluminium (huisseries de fenêtres, balcons), éclaircissant et décolorant du bois, vernissage de parquets

Façadier, ravaleur, ragréeur

Maçon

Ponceur, vitrificateur

Décapage chimique des façades : Gel appliqué au pinceau sur des façades puis rincé à l’eau chaude sous pression

Maçon, ravaleur,façadier

Nettoyage de jantes en aluminium

Mécanicien

Fiches FAST liées

  • Miroitier
  • Ponceur Vitrificateur Parquet

Niveau d'exposition

Temps : durée - fréquence

 

Exposition Permanente Fréquente Intermittente Occasionnelle
% > 70 > 30 > 5 < 5
Jour > 6 heures > 2 heures > 30 mn < 30 mn
Semaine > 3 jours > 1 jour > 2 heures < 2 heures
Mois > 15 jours > 6 jours > 1 jour < 1 jour
Année > 5 mois > 2 mois > 15 jours < 15 jours

Intensité

VLEP contraignante dans l’air des locaux de travail : VLCT 3 ppm et VME 1,8 ppm

Conditions d'exposition

Matériaux

Gels et produits décapants pour ravalement de façades, produits de nettoyage de l’aluminium et autres métaux

Matériels

Application au rouleau, à la brosse ou au pinceau
Rinçage à l’eau sous pression

Cofacteurs environnementaux

Milieu confiné
Vent : il peut ramener les vapeurs sur l’applicateur

Facteurs individuels

Pathologie pulmonaire

Barème de décision

Critères complets

Les coefficients de pondération s'additionnent : proposition d'action médicale renforcée pour un total supérieur ou égal à 5.

 

Conditions d’exposition
Permanente
Fréquente
Intermittente
Occasionnelle
Matériaux        

Gel, liquide et pâte

3 3 2 2
Matériel        

Application au rouleau, à la brosse ou au pinceau

1 1 1 1

Rinçage à l’eau sous pression

1 1 1 1
Cofacteurs individuels        

Pathologie cutanée, oculaire

0 0 0 0

Pathologie pulmonaire

1 1 0 0
Cofacteurs
environnementaux
       

Milieu confiné

3 3 2 2

Vent défavorable

2 2 1 1

Critères simples

Produit très toxique quelle que soit sa forme d’utilisation
Seuil olfactif dès 1 ppm

Contenu des actions

Suivi règlementaire

Suivi individuel de l’état de santé des travailleurs

Suivi individuel hors risques particuliers: concerné

Suivi individuel renforcé : non concerné

Décret 2001-97 du 1 février 2001 : CMR : non concerné

Décret 2016-1908 du 27 décembre 2016, Art R. 4624-23  du CT : non concerné 

Travaux interdits

Travaux interdits aux moins de 18 ans : Décret 2013-915 du 11 octobre 2013 : concerné.

Dérogation possible selon la procédure de dérogation définie par le décret 2015-443 du 17 avril 2015.      

Travaux interdits aux salariés en CDD (contrat à durée déterminée) et aux salariés temporaires (D4154-1 du CT) : concerné

Dérogation exceptionnellement possible (L4154-1du CT) : l’employeur peut demander l’autorisation à la DIRECCTE par lettre AR, accompagnée de l’avis du CHSCT, des DP et du médecin du travail (D4154-3 du CT)

Surveillance post professionnelle

Arrêté du 6 décembre 2011 modifiant l’arrêté du 28 février 1995 : non concerné

Modalités du suivi individuel de l'état de santé

Visite d’information et de prévention initiale

  • Réalisée par un professionnel de santé (infirmier en santé travail, collaborateur médecin, interne en médecine du travail, médecin du travail) selon le protocole établi. Dans les 3 mois suivant l’affectation au poste ou avant l’affectation pour les travailleurs de nuit et les jeunes de moins de 18 ans hors risques soumis à dérogation. Orientation systématique vers le médecin du travail pour les femmes enceintes, les travailleurs reconnus handicapés, en invalidité ou si l’âge, l’état de santé, les conditions de travail et/ou les risques professionnels le nécessite.
  • Accorder une attention particulière aux personnes atteintes d’affections respiratoires
  • Examens complémentaires : EFR
  • Information sur le risque, sur les moyens de prévention et sur le suivi médical. Information sur la conduite à tenir en cas de projection accidentelle. Alerter les porteurs de lentilles

Périodicité de la visite d’information et de prévention

  • Réalisée par un professionnel de santé (infirmier en santé travail, collaborateur médecin, interne en médecine du travail, médecin du travail) selon le protocole établi. Au maximum tous les 5 ans ou tous les 3 ans pour les travailleurs reconnus handicapés, en invalidité, les travailleurs de nuit ou si l’âge, l’état de santé, les conditions de travail et/ou les risques professionnels le nécessite.
  • Rechercher les signes d’irritation cutanée, respiratoire, cicatrice de brûlures
  • Examens complémentaires:
    • Il existe un dosage urinaire du fluor non utilisé en pratique courante
    • EFR selon la fréquence d’exposition

Traçabilité des expositions :

  • Renseigner le dossier médical individuel
  • Conserver les fiches individuelles d’exposition dans le dossier médical pour les expositions aux ACD antérieures au 1er février 2012

  • Depuis la loi 2015-994 du 17 août 2015, l’employeur n’a plus à établir de fiche individuelle de prévention des expositions mais doit déclarer de façon dématérialisée à la caisse d’assurance retraite les expositions des salariés aux facteurs de pénibilité au-delà de certains seuils fixés par décret, seuils appréciés après application des mesures de protection collective et individuelle

  • Attestation d’exposition aux ACD pour la mise en place du suivi post professionnel pour les expositions antérieures au 1 er Février 2012

Prévention

Prévention collective

Prévention commune aux agents chimiques dangereux (art 4412-1 à 4412-57 du CT)

Bannir à proximité de HF les métaux et objets métalliques (notamment alcalins et alcalinoterreux) susceptibles de réagir avec dégagement d’H2 au contact de HF (source d’incendie et d’explosion)

Maintenir à l’écart des substances facilement inflammables, de l’humidité, des bases fortes, des matériaux contenant de la silice et des silicates (verre, céramiques, ciment)

Ne jamais verser d’eau dans l’acide fluorhydrique pour le diluer

Prévoir des douches de sécurité et des fontaines oculaires

Prévention individuelle

Hygiène : ne pas boire, manger, fumer

Vêtements de protection résistant aux acides, bottes en caoutchouc, gants néoprène, lunettes et écran facial, masques à cartouche B2E2P3

Réparation

TRG n° 32 : Affections professionnelles provoquées par le Fluor, l’acide fluorhydrique et ses sels

Secours

En cas de contact cutané, laver à grande eau au moins pendant 15 mn. Appliquer du gluconate de calcium à 2,5 %. Adresser le salarié aux urgences. Ne pas négliger une projection d’acide fluorhydrique dilué qui peut passer inaperçue au début mais qui provoque une douleur intense dans les heures qui suivent : toute brulure par acide fluorhydrique, même minime, justifie un passage au service des urgences

En cas de projection oculaire : laver abondamment à l’eau au mois pendant 15 mn. Dans tous les cas consulter un ophtalmologiste.

En cas d’inhalation ou d’ingestion, appeler le 15

Remarques

Décret 2003-1254 du 23 décembre 2003 relatif à la prévention du risque chimique et modifiant le code du travail : concerné

Bibliographie

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